17.12.2008
Homélie du 4e dimanche de l'Avent B
Homélie 4e dimanche de l’Avent B
2 S 7, 1-5, 8b-12, 14a. 16 ; Rm 16, 25-27 ; Lc 1, 26-38
Au musée des Beaux-Arts de Nantes (France), le tableau d'une Annonciation, signée Maurice Denis (1870-1943), nous montre un ange, vêtu d'une aube blanche sous une chasuble dorée. Il impose les mains sur Marie. Un peu comme, au cours de l'eucharistie, un célébrant invoque l'Esprit Saint sur le pain et le vin. Marie est à genoux, en prière. Vêtue de blanc comme une "communiante". Un vêtement qui rappelle le baptême. Et Marie accueille la Parole, le Verbe, comme tout croyant est aussi invité à le faire, pour l'incarner dans le quotidien.
Au Louvre, à Paris, il s'agit d'une Annonciation de Van der Weyden, Rogier de la Pasture, le plus célèbre des "primitifs flamands" après Van Eyck. L'ange y est vêtu d'une robe blanche, il porte l'étole croisée du diacre qui, dans l'Eglise, est au service de la Parole de Dieu. Et, sur ses épaules, on voit une très belle cape de brocard, un vêtement liturgique que l'on appelle une chape. Marie est à genoux et, dans sa main gauche, elle tient un livre ouvert, qui est la Bible, Parole de Dieu.
Ces deux tableaux, choisis parmi tant d'autres, nous rappellent, à cinq siècles de distance, que tout est possible à Dieu quand sa Parole, c'est-à-dire le Verbe, est accueilli par un assentiment de la foi. Et que c'est donc la foi, et rien d'autre, qui fait la gloire de Marie, dont la virginité est symbole de sa disponibilité à la Parole et à la volonté de Dieu. Tout comme la maternité d'une femme stérile est, dans l'Ecriture, le symbole de la grandeur et de la gratuité du don que Dieu fait à son peuple. Il en est ainsi de la naissance d'Isaac, de Samson, de Samuel, de Jean Baptiste et de bien d'autres, toujours présentée selon un schéma qui inclut la stérilité de la future mère. Une fécondité inespérée de la "chair et du sang", que le Nouveau Testament traduira aussi en fécondité spirituelle, en fécondité de vie éternelle.
Dans tous les cas, le terrain où Dieu "prend pied", c'est la foi. Qui est ainsi sa "résidence". Dieu choisit lui-même le lieu de son "repos", le lieu où il se fixe, écrit un théologien contemporain.
L'épisode de David et du prophète Nathan nous le rappelle aussi : Le roi veut offrir au Seigneur une superbe "maison de cèdre". David rêve de "cathédrale" pour honorer et fixer la présence du Roi des rois. Et Nathan, le messager de Dieu, lui fait savoir que c'est Dieu lui-même qui construira sa maison. Et elle ne sera ni de bois, ni de marbre, mais de chair et de sang.
Dieu vient là où il sait rencontrer la foi, c'est-à-dire l'accueil et l'assentiment de l'être humain. C'est pourquoi Marie est la figure de l'humanité. Elle est la figure de l'Eglise, celle des femmes et des hommes offrant par leur foi un terrain d'incarnation à la Sagesse, au Verbe et à l'Esprit. Donc, à Dieu. D'où, l'importance de nos petits "fiats" quotidiens, prononcés dans la peine ou le découragement. Nous pouvons même, comme Elisabeth, "concevoir dans notre vieillesse, alors que jusque-là notre vie était peut-être stérile".
Mais pour que cela se réalise, nous devons accueillir la Parole sans nous dérober. Alors, nous serons fécondés par l'Esprit, qui nous permettra de faire naître le Christ en ce monde. Et ce n'est pas une figure de style. "Heureux, vous aussi, qui avez entendu et qui avez cru ; car toute âme qui croit, conçoit et engendre le Verbe, et le reconnaît à ses œuvres", disait en prêchant le grand S. Ambroise.
La Bible nous rappelle constamment que la Parole de Dieu est toujours créatrice, toujours féconde. Et que, comme au premier jour de la création, l'Esprit de Dieu plane sur le monde, pour féconder la terre et féconder les cœurs.
Rien n'est impossible à Dieu. Cela veut dire en clair qu'il peut faire jaillir du neuf d'un monde "vague et vide". Tout comme d'un cœur usé, malade, désespéré, mais aussi d'une civilisation épuisée, égarée, que l'on croirait à jamais stériles.
C'est pourquoi, sous peine de trahir ou même de mépriser l'Incarnation et son mystère, il ne faut jamais séparer l'annonce de la Nativité de l'annonce du Jugement dernier, qui nous révèle que le Christ n'est pas à chercher dans les nuées. Mais d'abord parmi les prisonniers et les affamés, les opprimés, les isolés, sans espoir, sans-abri.
Il ne suffit donc pas de se laisser émouvoir par le souvenir de l'enfant couché dans la mangeoire d'animaux, et de célébrer Noël dans la joie et les chants. Nous ne pouvons pas accueillir le Verbe de Dieu à Noël sans nous préoccuper d'une manière ou d'une autre, modestement peut-être, mais concrètement des sans crèche. De l'immense armée des enfants aussi, qui meurent de faim, ou sont livrés à l'esclavage du travail, aux chasseurs de sexe, aux fusils des escadrons de la mort. Ou d'autres enfants, gâtés, entourés, choyés, mais qui sont parfois en même temps délaissés, abandonnés à eux-mêmes, et finalement méprisés. S'il y a l'enfant roi, il y a aussi l'enfant victime.
Laisserons-nous le Seigneur construire lui-même sa demeure en nous ? Accepterons-nous qu'il bâtisse en nous son temple, comme il l'entend ?
P. Fabien Deleclos, franciscain (T)
21:19 Publié dans Avent B | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : annonciation, marie, dieu, parole, verbe, maternité, stérile
10.12.2008
Homélie du 3e dimanche de l'Avent B
Homélie du 3e dimanche de l'Avent B
Is 61, 1-2a, 10-11 ; Lc 1, 46-50, 53-54 ; 1 Th 5, 16-24 ; Jn 1, 6-8, 19-28
Les champions du rire, qui exercent leurs talents au bénéfice des familiers du petit écran, ne sont pas pour autant des semeurs de joie. Il est vrai que l'on peut se dilater la rate sans être pénétré de joie, qui est, selon Descartes, "une agréable émotion de l'âme".
La liturgie d'aujourd'hui, par contre, proclame sur tous les tons : "Soyez dans la joie du Seigneur, soyez toujours dans la joie". Elle en donne aussi la raison générale : "Le Seigneur est proche", et des raisons particulières, telles la guérison des cœurs brisés et la délivrance des prisonniers.
Comme il n'y a pas de fête sans chant, la liturgie nous propose même un véritable tube qui brave les siècles, le cantique "Magnificat", interprété par Marie, la première Dame du royaume nouveau. L'"incomparable cantatrice" chante la révolution de Dieu au refrain exaltant. Marche de la vraie joie, le Magnificat nous en révèle les racines, les fruits et le rayonnement, et harmonise ce qui nous apparaît trop souvent comme des contraires. Le cantique de Marie, en effet, est à la fois "le cantique de l'intériorité la plus profonde (l'exultation de l'adoration et de l'action de grâce) et celui de l'engagement pour la transformation du monde, à l'appel du Dieu Sauveur et Libérateur" (René Coste).
Plus qu'un simple poème, c'est l'écho radieux d'observations et découvertes quotidiennes. Mieux qu'une hymne, c'est une proclamation prophétique, doublée d'un programme de vie et d'entreprise.
Dégagés des contraintes du "droit d'auteur", nous sommes tous autorisés à le traduire dans l'aujourd'hui du temps. A en faire aussi notre air préféré, pour que s'unissent en une même voix l'alleluia de la reconnaissance et le cri des combats pour la justice et le respect de la personne humaine.
"Il ne s'agit pas, écrit encore René Coste, d'étudier le Magnificat. Il s'agit de l'habiter. Il s'agit de le vivre. Il s'agit de le re-crier à son tour". Or, nous pouvons observer aujourd'hui encore que le Seigneur fait des merveilles pour l'humanité, pour son peuple qui est l'Eglise et pour chacun de nous.
En ouvrant bien les yeux et les oreilles, nous découvrirons sans peine des signes et des traces de la présence de Dieu et de la croissance de son Royaume, même en dehors des champs cultivés par les Eglises.
Il y a les jeunes pousses très variées, nées d'un vaste mouvement de renouveau et du surgissement de nouveaux prophètes, à intégrer harmonieusement dans les Eglises locales. Certes, ils peuvent étonner, déranger ou même effrayer ou scandaliser. Cependant Paul nous avertit : "N'éteignez pas l'Esprit, ne repoussez pas les prophètes, mais discernez la valeur de toute chose. Ce qui est bien, gardez-le ; éloignez-vous de tout ce qui porte la trace du mal". Ces précieux conseils sont toujours d'actualité. L'Esprit souffle où il veut et quand il veut. Dons et charismes peuvent donc surgir dans les lieux les plus surprenants. Ainsi, tout progrès d'une véritable justice, toute démarche sincère de pardon et d'amour du prochain, sont des signes de la croissance du royaume. Ne le voyez-vous pas ?
On peut certes se tromper de messie et de "grand prophète", ou hésiter sur son authenticité, comme les prêtres et les lévites de Jérusalem en présence du baptiseur. Toutefois, nous disposons d'un critère de discernement infaillible, dont Marie et Jean Baptiste nous donnent l'exemple. Le véritable prophète annonce toujours quelqu'un de plus grand que lui, le désigne et y conduit. Or, il n'y a pas plus grand que le Christ Jésus. Lui seul est important.
Et comment ne pas reprendre ici l'intervention d'Isaïe : "Dites aux esprits abattus : Prenez courage, ne craignez pas ; voici notre Dieu qui vient ; il vient nous sauver". Ne le voyez-vous pas ?
P. Fabien Deleclos, franciscain (T)
21:14 Publié dans Avent B | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : joie, guérison, délivrance, proche, magnificat, programme, messie
03.12.2008
Homélie du 2e dimanche de l'Avent B
Homélie 2e dimanche de l’Avent B
Is 40, 1-5.9-11 ; 2 P 2, 3, 8-14 ; Lc 3, 4-6
Nous avons tous déjà eu l’occasion de voir de grands travaux de terrassement. Souvenons-nous du tunnel sous la Manche, par exemple. On a utilisé d’énormes machines de 150 mètres de long et pesant chacune 400 tonnes. Rappelez-vous l’ampleur des travaux, les obstacles à franchir, la patience nécessaire pour tracer une voie sous la Manche, afin que trains et voitures puissent passer " à roues sèches ". Impressionnant !
L’auteur du livre d’Isaïe a été lui aussi très impressionné. Au cours de son exil à Babylone, il y a près de 2500 ans, il a très probablement, comme ses concitoyens, travaillé comme esclave dans les grands travaux de remblaiement et de nivellement. Notamment pour tracer une route dans le désert, à l’est du Jourdain, pour le retour du roi victorieux, Ou encore cette fameuse voie sacrée, construite à Babylone et réaménagée chaque année, pour que les fidèles puissent venir en procession jusqu’au temple, pour honorer le dieu Mardouk.
Pour relever le moral de ses troupes, et faire espérer un prochain retour au pays, le prophète s’est servi de ces chefs-d’œuvre du génie civil et de ses prouesses techniques pour les traduire en un langage symbolique et spirituel : " Préparez à travers le désert le chemin du Seigneur ". Cinq cents ans plus tard, Jean Baptiste va reprendre à son compte les mêmes images. Comme nous pouvons nous aussi les reprendre aujourd’hui et les actualiser.
La période de l’Avent est bien là pour nous réveiller et nous mobiliser. Il y a de grands travaux à entreprendre pour tracer dans le désert du monde et les terres arides de notre cœur un chemin, une route pour le Seigneur. Ce qui demande conviction et patience, confiance et persévérance.
Sur le terrain matériel, la météo par exemple, peut être très dérangeante, sans parler de grèves toujours possibles et des obstacles imprévus. Sur le plan spirituel, il peut y avoir des tentations auxquelles on succombe. Le découragement qui s’infiltre. La foi qu faiblit. La paresse qui s’installe. La gourmandise, de nourriture ou de plaisirs qui nous alourdissent de corps et d’âme.
Encore faut-il savoir qu’il y a une triple venue du Seigneur. Comme le prêchait saint Bernard : Dans la première, le Christ est venu dans la chair et la faiblesse. Il a vécu avec les hommes et les femmes de son temps. Beaucoup l’ont pris en haine. Plus tard, à la fin, il viendra dans la gloire et la majesté, pour séparer les brebis des chèvres.
Mais, entre les deux, il y a la venue intermédiaire, journalière. Celle qui reste cachée, présente en esprit. Elle a été annoncée par Jésus lui-même : "Si quelqu’un m’aime, il gardera mes paroles et mon Père l’aimera et nous viendrons à lui". Puisqu’ils trouveront la porte de notre cœur ouverte. C’est d’ailleurs ainsi que Marie a préparé la venue du Seigneur. Elle est le modèle de l’Avent, celui de la patience et de l’espérance. Avant même de concevoir Jésus dans la chair, Marie l’avait accueilli et conçu dans la foi. "Heureuse celle qui t’a porté et allaité", s'exclamera un jour une femme. "Heureux plutôt ceux qui écoutent la Parole de Dieu et qui l’observent", répond Jésus (Lc 11, 27-28).
Tout cela veut dire que l’œuvre du Sauveur, le Salut qu’il offre, l’établissement de son Royaume de justice et de paix, ne nous est pas offert clé sur la porte. Il ne dépend pas non plus uniquement de nos efforts.
De même, le Royaume de Dieu se développe lentement. Nous pouvons cependant le reconnaître à des signes de croissance. Mais pas seulement dans les champs cultivés par les Eglises. Tout progrès d’une véritable justice, tout effort authentique de paix, toute démarche sincère de pardon et d’amour du prochain, contribue à la croissance du Royaume et en prépare l’achèvement.
Libérateur et Berger, Seigneur et Serviteur, Chemin, Vérité et Vie, Jésus est venu, il reviendra et ne cesse de venir chaque jour pour faire toutes choses nouvelles. Mais pas sans nous. Pas sans les grands travaux que suppose une conversion. Il s’agit de désencombrer nos étables, rectifier le tracé de nos chemins, abaisser nos montagnes d’orgueil et d’intolérance, combler les vides de nos existences que nous croyons si remplies. Le repas de la Parole et du Pain y contribue. Il est un peu le sacrement de la patience de Dieu. L’eucharistie est d’ailleurs célébrée " jusqu’à ce qu’il revienne ". Elle est un lent et patient retour du Seigneur dans l’histoire de l’humanité, et de chacun de nous en particulier.
"Heureux qui écoute la Parole de Dieu et qui la garde". Et pour cela, il faut la méditer, la ruminer, et la digérer, pour qu’elle se transforme en actes.
P. Fabien Deleclos (T)
21:02 Publié dans Avent B | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : travaux, tracer, chemin, désert, obstacles, route, patience
26.11.2008
Homélie du 1er dimanche de l'Avent B
Homélie du 1er dimanche de l'Avent, B
Is 63, 16b-17.19b ; 64, 2b-7 ; 1 Co 1, 3-9 ; Mc 13, 33-37
Liturgiquement, dimanche dernier, c'était l'annonce de la fin du monde. Retour du Christ glorieux, bilan, profits et pertes, jugement final. Et une grosse surprise pour les élus et les condamnés. Le Christ, Dieu fait homme, était celui que l'on avait côtoyé tout au long de son existence, sans même s'en apercevoir : un pouilleux, un mal nourri, un prisonnier, un marginal, un immigré, un handicapé. C'est lui que l'on a respecté et aimé, ou négligé, dédaigné, méprisé.
Avec l'évangile de Marc, remis dans son contexte, nous sommes à Rome au 1er siècle. Les nouveaux chrétiens sont enthousiasmés par la Bonne Nouvelle de Jésus Christ. Ils construisent des châteaux en Espagne et attendent avec impatience le tout prochain retour de Jésus. Ils comptent les jours. Or, ce qui arrive, c'est une persécution sanglante qui vient les surprendre. Et les voici qui passent sans transition de l'espérance la plus folle à la désillusion la plus profonde. Conséquence pour beaucoup : un glissement vers des voies sans issue, une marche à contresens.
C'est pourquoi Marc tente de les réveiller de leur torpeur : "Prenez garde, veillez : car nul ne sait quand le Maître reviendra". Il s'agit d'une prophétie, d'une parabole. Au vrai jugement final, il sera trop tard pour réparer ses erreurs.
Notre chance, c'est d'être éclairés et avertis à temps. Nous savons, grâce à l'Evangile, de science certaine, que ceux et celles qui seront déclarés justes, ceux et celles qui pourront passer et réussir l'examen final, sont les défenseur des opprimés, les avocats des causes méprisées, les promoteurs des initiatives d'accueil et de libération.
Avec la période de l'Avent, la liturgie nous propose une autre chance : Nous mettre en état de préparation.
Mais, dès le coup d'envoi, c'est de la fin dont il est question. Le premier conseil donné est une mise en garde, une invitation à la vigilance, "car vous ne savez pas quand viendra le moment".
Ce n'est pas pour nous faire peur, mais pour nous faire aimer bien. Il est important de connaître le but à atteindre et les critères de réussite. Ils conditionnent notre marche, nos projets et nos choix.
Et l'on ne vit véritablement, écrivait un auteur spirituel, que si on donne à sa vie une dimension éternelle. Ce n'est qu'alors qu'on peut décider, travailler, parler avec justesse. Et il ajoutait : Dis-toi qu'au cours de cette année qui vient, tu voudrais vivre celle-ci comme si celle-ci devrait être la dernière année. Supprime même le "comme si" et dis-toi bien que c'est la dernière année de ta vie.
Certains vont peut-être trouver la proposition un peu lugubre. Elle nous rappelle au contraire avec réalisme et sagesse que notre objectif prioritaire est d'aller, avec courage et confiance, sur les chemins de la justice à la rencontre du Seigneur, comme l'exprime la prière d'ouverture de cette célébration.
La priorité de l'Avent, ce n'est pas de préparer des vacances de neige ou au soleil… Le sapin, les cadeaux ou la crèche… Mais bien de chercher à mieux connaître, à rencontrer, à accueillir, celui que nous connaissons mal ou pas assez, ou même que nous ignorons royalement, parce qu'il fait partie de ceux ou celles que nous oublions, de ceux ou celles que nous malmenons.
L'Avent est un temps de mobilisation et de réveil, d'encouragement et d'espérance. C'est un temps de recherche, d'attention et de vigilance. Un temps d'amour et d'optimisme, pour que cela dure, et non pas un temps de crainte qui ne provoque que des feux de paille.
On raconte que le 31 décembre de l'an 999, une foule de pèlerins était venue à Rome pour la messe de minuit, la dernière de l'histoire de l'humanité, avant l'apocalypse de la fin du monde. Une extraordinaire fraternité régnait ce jour-là. Les riches avaient distribué leurs biens, les voleurs avouaient leurs larcins, les juges exerçaient la clémence, les vieillards, les infirmes, les étrangers, étaient accueillis avec enthousiasme. Un véritable miracle. Le Paradis déjà sur terre, le Paradis juste avant l'apocalypse.
Mais, ajoute non sans humour le narrateur : la première semaine du mois de janvier, tout rentra dans l'ordre. La peur dissipée, l'amour, la fraternité, le souci de justice, s'envolaient aussi en fumée…
N'oublions ni cette histoire, ni la scène du jugement dernier. Tirons-en les conclusions… Le Seigneur bâtit un monde nouveau grâce à nos mains, à notre cœur, nos démarches et nos attitudes !
Attendons et préparons Noël activement, et là, sans attendre !
P. Fabien Deleclos, franciscain (T)
20:56 Publié dans Avent B | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : veille, avent, préparation, réveil, aimer bien, but, noël



