25.08.2009
Homélie du 22e dimanche ordinaire B
Homélie du 22e dimanche ordinaire B
Dt 4, 1-2, 6-8 ; Ps 14 ; Jc 1, 17-18, 21b-22, 27 ; Mc 7, 1-8a, 14-15, 21-23
La langue française n'est pas toujours assez riche pour exprimer des nuances et même des différences. Cela permet cependant un certain nombre de jeux de mots qui peuvent être fort utiles pour attirer notre attention sur des problèmes très sérieux et pour les garder en mémoire.
C'est ainsi que l'enseignement et la leçon des textes bibliques d'aujourd'hui pourraient se résumer : il y a des pratiquants qui ne pratiquent pas et des non pratiquants qui pratiquent. Nous n'avons qu'un seul mot pour traduire deux réalités différentes que les principes unissent indissolublement mais que la vie sépare trop souvent.
Il faut en effet distinguer la pratique du comportement, la pratique du cœur et celle des signes, des gestes, des rites, des sacrements.
En principe, ces deux types de pratique doivent être inséparables. Le rite n'étant que l'expression extérieure d'une réalité intérieure. C'est le signe visible d'une réalité invisible, le déversement d'un trop plein et qui est en même temps un rappel qui entretient la flamme intérieure et la stimule.
L'être humain ne peut pas se passer continuellement de gestes et de signes. Mais pour qu'ils aient un sens, pour qu'ils soient authentiques et honnêtes, ils doivent être l'expression d'une attitude intérieure, d'esprit et de cœur. Sinon, ils sont superficiels, ils sont vides, ils sont hypocrites.
C'est ainsi que les gestes de la foi ne signifient pas nécessairement un comportement de la foi, exactement comme des gestes d'amour ne prouvent pas nécessairement un comportement d'amour.
L'alliance entre un homme et une femme est signifiée par un anneau que l'on appelle aussi une alliance, mais la véritable alliance est quelque chose qui se vit et non pas quelque chose qui se porte.
L'alliance de l'être humain avec Dieu est signifiée par des gestes et des paroles, des chants, des danses, des sacrifices, des onctions et des bénédictions, des prières et des sacrements. Mais l'alliance n'est pas seulement quelque chose qui se chante, c'est quelque chose qui se vit. Il faut mettre la Parole de Dieu en application et pas seulement l'écouter, l'encenser, la célébrer. Une réalité évoquée avec clarté et simplicité par Moïse, le psalmiste, Jésus et Jacques, qui s'adressent non à des païens ou des incrédules, mais à des croyants.
Or, la tentation est toujours de se limiter à des rites, à des pratiques, à des traditions, et de figer et même d'écraser l'essentiel dans des pratiques rituelles rigides et toutes relatives.
C'est de là que vient cet affrontement entre Jésus et les pharisiens qui défendent rageusement des traditions humaines en piétinant allègrement les Paroles de vie. En effet, ce ne sont pas les rites de purification qui rendent pur, dit Jésus, mais bien la purification intérieure opérée par la foi.
Il ne suffit pas d'écouter la Parole et de manger le Pain pour être allié au Christ et ne faire qu'un avec lui. Il faut mettre la Parole en pratique pour que le signe soit vraiment celui de l'alliance.
La religion n'est pas seulement mystique, prière et sacrement, elle est aussi opérationnelle, nous rappelle rudement Jacques : "La manière pure et irréprochable de pratiquer la religion, c'est de venir en aide aux orphelins et aux veuves dans leur malheur et de se garder propre au milieu du monde."
Pendant des siècles, on a tellement insisté sur la pratique des rites qu'on en est venu à minimiser, parfois même à oublier l'importance de la proclamation de la Parole de Dieu, et les exigences élémentaires de la charité. A tel point que la pratique des signes est devenue le critère de l'authenticité chrétienne… Aujourd'hui, la tendance est parfois inverse : sous prétexte de lutter contre l'excès de rites ou leur hypocrisie, on les méprise et on les abandonne, pour donner priorité aux initiatives de justice et d'amour… Au risque d'oublier que la suppression des rites engendre le dessèchement du cœur, rend plus difficile le contact avec la Parole vivante de Dieu et tarit peu à peu les sources mêmes de la justice et de l'amour.
C'est pourquoi l'eucharistie reste toujours un test. La qualité de notre action de grâce et celle de la pratique des sacrements se juge à notre ouverture, à nos engagements, à notre capacité de partage, à notre sens de la communauté d'Eglise qui est le corps visible du Christ. Accepterons-nous de nous laisser changer et transformer par la Parole de ce jour ? … et de réfléchir sur la qualité de nos actes en toute vérité ?
P. Fabien Deleclos, franciscain (T)
1925 - 2008
13:40 Publié dans temps ordinaire B | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : pratique, pratiquant, geste, rite, signe, comportement, sens, qualité, acte
18.08.2009
Homélie du 21e dimanche ordinaire B
Homélie du 21e dimanche ordinaire B
Jos 24, 1-2a, 15-17, 18b ; Ep 5, 21-32 ; Jn 6, 60-69
Après l'enthousiasme facile de la foule, les crises hystériques et les applaudissements frénétiques, après les "coups de foudre" en série, les promesses exaltées et les serments de fidélité, voici déjà l'heure de tentation et de vérité.
La vedette a prononcé un discours choquant, des paroles intolérables, inacceptables. Elles étaient Esprit et Vie. Elles s'adressaient à la foi. Elles n'ont rencontré que des croyances superficielles, un terrain encombré de pierres charnelles et d'intérêts terre-à-terre. Le résultat ne s'est pas fait attendre… Crise parmi les "fidèles", crise parmi les disciples. C'est l'hémorragie. Les baudruches se dégonflent, les bras tombent, l'admiration inconditionnelle se fait méfiance. Les émotions changent de camp. L'anxiété agressive prend la relève de la joie débordante. C'est l'abandon et la fuite. "A partir de ce moment, beaucoup de ses disciples s'en allèrent et cessèrent de marcher avec lui".
Les Douze, eux, ont tenu. Mais ils ont dû choisir entre le Christ admiré et le Christ réel, le Christ à succès et le prophète qui annonce la vérité et indique le chemin. Choix entre le très sympathique Jésus qui dénonce les hypocrisies, protège les pauvres et guérit les malades, et ce Messie intransigeant dont la parole déroute la raison, secoue habitudes et traditions, accule à la conversion.
"Voulez-vous partir ?", ou encore : "S'il ne vous plaît pas de servir le Seigneur, choisissez aujourd'hui qui vous voulez servir…", comme le demandait Josué aux tribus d'Israël réunies à Sichem (1e lecture). C'est à prendre ou à laisser. Un choix à première vue étrange puisque imposé à des gens qui ont déjà choisi. Option déjà prise, en effet, par ceux qui appartenaient au groupe des adeptes. Alliance solennelle déjà conclue avec Dieu par les sauvés d'Egypte.
Une alliance dans la foi, une alliance d'amour, ne se contente pas de la fidélité d'un instant, ni de la ferveur d'un jour. Les lunes de miel ne tiennent pas lieu d'assurance ni de garantie.
Préférer un Dieu invisible et exigeant à l'attrait des idoles humaines bien concrètes et singulièrement plus accommodantes "engage dans l'aventure de la perpétuelle redécouverte de Dieu. C'est l'aventure même de l'amour." (1)… Une relation sans cesse à nourrir et à entretenir. L'amour de quelqu'un qui nous entraîne sur les chemins où s'enchaînent les surprises et qui se fait connaître pas à pas et toujours autre. "Une alliance à reprendre et à approfondir" jour après jour.
A Sichem, les Hébreux ont renouvelé leur foi et leur alliance. "Plutôt mourir que d'abandonner le Seigneur pour servir d'autres dieux !… C'est lui que nous voulons servir car il est notre Dieu". En Galilée, les apôtres eux aussi réitérèrent leur credo : "Nous croyons ! Tu as les paroles de la vie éternelle"… Et Jésus ajoutera : "Et pourtant l'un de vous est un diable ! " (Jn 6, 70). La rénovation n'est pas non plus le dernier mot de l'amour et de la fidélité.
Ces foules, disciples et apôtres d'hier sont toujours ceux d'aujourd'hui, prompts aux grandes déclarations, enthousiasmes éphémères et bruyants applaudissements. L'illusion de croire nous aveugle aisément, et nous confondons volontiers l'observance des règlements humains avec la fidélité au Dieu fait homme. C'est une personne qui nous invite à la foi et non pas un code.
Nous suivons et acclamons le Christ quand il bénit. Mais nous sommes bien souvent incapables de l'écouter quand il parle d'accepter les exigences de son message et d'opérer les conversions qu'il propose : "Ce message est dur ! Qui donc pourrait l'accepter ?"… Et c'est ainsi qu'aujourd'hui encore des "fidèles" troublés, déçus, scandalisés, quittent les assemblées que Jésus rassemble. Des disciples s'en vont aussi en cessant de marcher avec lui pour faire eux-mêmes leur propre religion, ou préféreront à la Parole trop dure les rites, habitudes et traditions qui offrent le bienfait de l'assurance et de la sécurité.
D'autres restent, prenant les risques de la foi et des surprises de l'Esprit, des perpétuelles nouveautés et des inattendus d'un Dieu qui n'a jamais fini de se faire connaître.
A chaque Eucharistie, la Parole peut nous heurter. Elle est cependant la merveilleuse occasion d'approfondir l'alliance d'amour et de la renouveler.
P Fabien Deleclos, franciscain (T)
1925 - 2008
(1) Le Missel Emmaüs des dimanches, p 695.
13:47 Publié dans temps ordinaire B | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : tentation, vérité, servir, choix, alliance, foi, fidélité, amour, credo, message
11.08.2009
Homélie du 20e dimanche ordinaire B
Homélie du 20e dimanche ordinaire B
Pr 9, 1-6 ; Ep 5, 15-20 ; Jn 6, 51-58
Il n'y a pas de brevet ni de diplôme qui puissent confirmer chez qui que ce soit son intelligence des choses de Dieu. Il existe cependant un chemin qui permet d'y accéder. Un chemin qui aboutit à un repas dont la Sagesse a dressé la table et fignolé le menu.
L'invitation est lancée tous azimuts à tous ceux qui manquent de sagesse et d'intelligence. Un premier test d'humilité qui risque fort d'agresser la susceptibilité et la vanité de tous ceux et celles qui sont ancrés définitivement dans leurs certitudes et leurs connaissances des choses de la terre et du ciel. On ne se bousculera donc pas au banquet de la Vérité, qui fait tomber les masques et dévalue décorations et préséances.
"Venez manger mon pain et boire le vin que j'ai apprêtés !". Deuxième test ou deuxième piège. Car il ne s'agit pas d'un banquet gastronomique, ni d'une invitation à s'enivrer "du vin qui réjouit le cœur…". C'est une question de vie ou de mort : "Quittez votre folie et vous vivrez", ou, comme l'écrit Paul : "Ne vivez pas comme des fous, mais comme des sages. Ne soyez donc pas irréfléchis, mais comprenez bien quelle est la volonté du Seigneur… Laissez-vous remplir par l'Esprit Saint " (2e lecture).
La sagesse de Dieu et son Verbe, c'est tout un. Et les repas qu'ils préparent et président sont tous deux "manducation" de la parole d'amour et du pain de vie, Sagesse incarnée dans la Loi et Parole devenue chair en Jésus Christ.
Manger et vivre, s'abstenir et mourir. C'est le seul choix qui nous est offert. "Celui qui mange ma chair, dit Jésus, et boit mon sang, demeure en moi, et moi, je demeure en lui… Celui qui me mangera vivra par moi". Par contre, "Si vous ne mangez pas la chair du Fils de l'Homme, et si vous ne buvez pas son sang, vous n'aurez pas la vie en vous".
Nous voici plongés en plein mystère, où la science est sans pouvoir et les analyses chimiques inutiles. Pour pénétrer au cœur de ce réel fondamental, il faut opérer une conversion du cœur et modifier son regard, percer la croûte des réalités visibles et contrôlables, pour atteindre la vérité sans visage et la source invisible.
Confrontés à cette révélation, "les juifs, écrit Jean, discutaient entre eux", multipliant les interrogations incrédules et méfiantes, que poursuivent d'ailleurs les chrétiens depuis des siècles. L'histoire de l'eucharistie, en effet, qui rassemble et unit, forme et nourrit, sanctifie les pécheurs et envoie des témoins, reste une histoire mouvementée, parsemée elle aussi d'incrédulité destructrice ou de sentimentalité passionnée et aveugle.
Vulgaire et triste bataille de rites, où l'on sacrifie la Parole et le Pain, l'amour et l'unité, à la relativité des mots et des gestes. Fragilité de la foi en l'humanité du Christ, qui transforme parfois la messe en un "sacrifice redoutable" et l'autel en "table effrayante". Le Christ indivisible, Dieu et homme, Parole et Pain, fut bien des fois écartelé jusqu'à la division de son corps mystique qui est l'Eglise. Certes, pendant des siècles, Parole et Pain furent également mangés et respectés, accueillis et vénérés. C'est ainsi, par exemple, que l'évangéliaire était souvent enrichi d'une reliure à couverture d'ivoire, d'or pur ou d'argent, car en lui, c'est le Christ lui-même qu'on voulait honorer.
Mais on vit aussi au XIIe siècle une vague de dévotion eucharistique mettre tellement à l'honneur la contemplation de l'hostie que l'on en vint à remplacer la communion sacramentelle par des "communions spirituelles". Le "prenez et mangez" de Jésus était devenu "regardez et adorez".
Vatican II, puisant aux sources mêmes de la Tradition, nous a heureusement rappelé que les Divines Ecritures doivent être vénérées comme le Corps même du Seigneur, et que l'Eglise a mission "de prendre le Pain de Vie sur la table de la Parole de Dieu et sur celle du Corps du Christ, pour l'offrir aux fidèles".
Mais après ce rappel essentiel, qui est une question de vie ou de mort, les retards imposants et chroniques des invités au rassemblement dominical, révèlent une étonnante négligence du repas de la Parole. Comme si la réception du Pain pouvait dispenser d'une adhésion au Verbe qui conditionne la communion d'amour. Et comment est traité et habillé, respecté et vénéré le "Livre de la Parole", qui est présence du Verbe proclamant la Bonne Nouvelle ?
P. Fabien Deleclos, franciscain (T)
1925 - 2008
09:24 Publié dans temps ordinaire B | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : sagesse, table, vanité, connaissance, vérité, manger, boire, volonté, parole, pain
04.08.2009
Homélie du 19e dimanche ordinaire B
Homélie du 19e dimanche ordinaire B
1 R 19, 4-8 ; Ep 4, 30 - 5, 2 ; Jn 6, 41-51
Dans le discours sur le pain de vie, voici la deuxième étape dans l'escalade de l'incompréhension des auditeurs de Jésus, concernant des affirmations de plus en plus intolérables, comme le diront ultérieurement même certains disciples.
Face à ces paroles, nous sommes, nous aussi, étonnés et mal à l'aise. Nous connaissons le doute, le scepticisme, des interprétations diverses. Et l'Eglise, au cours de son histoire, a parfois mis l'accent sur un seul aspect de la vérité, au point d'en négliger gravement d'autres. C'est le cas typique pour Jésus, Parole de vie et Pain de vie. Le Verbe de Dieu qui se fait chair, la chair qui se fait nourriture. L'unité indissoluble entre la nourriture Parole et la nourriture Pain a été blessée, sinon même brisée, par la crise, puis le divorce du XVIe siècle.
A partir de là et pendant quatre siècles, les chrétiens, catholiques et protestants, sont devenus en quelque sorte des chrétiens handicapés ; les premiers passionnément braqués sur la présence réelle dans le pain jusqu'à en oublier la parole ; les seconds se faisant les champions de la présence réelle dans la parole en oubliant celle du pain. Une scandaleuse vivisection, qui met en péril l'authentique communion au corps et au sang du Christ.
Vatican II s'est efforcé de rétablir l'équilibre entre les deux attitudes fondamentales du chrétien : recevoir la doctrine et celui qui la donne, ou, selon les termes des palestiniens anciens : "manger l'enseignement et manger l'enseigneur", c'est-à-dire la communion sous toutes les espèces. S'adressant aux chrétiens, Marcel Jousse écrivait : "Vous faites faire la première communion à vos enfants, faites-leur donc faire aussi leur première récitation de l'Evangile" (1). La manducation, en effet, est aussi mémorisation, non pour répéter des textes comme un perroquet, mais pour les approfondir sans cesse davantage et les "actionner" à travers tous les gestes quotidiens.
Parole reçue et Pain consommé, Verbe doctrine et Verbe Pain. Comme l'enseigne l'Ecriture en son balancement didactique : apprenez et comprenez, prenez et mangez.
La Bible, c'est l'expression écrite de la Tradition orale d'une civilisation du Verbe, où l'enseignement est toujours considéré comme nourriture : manger, mémoriser pour actionner, c'est-à-dire approfondir et mettre en pratique et, enfin, communier.
La Parole écrite connaît aussi les mêmes lois : Dieu dit, dans la vision d'Ezéchiel : Homme, mange ce rouleau qui t'est présenté, mange et va parler au peuple d'Israël. Nourris-toi, imprègne-toi de ce livre que je te donne. Je l'absorbe, dit le prophète, et dans ma bouche, il a la douceur d'un rayon de miel.
Il est important de le comprendre pour mieux saisir la catéchèse de Jésus. Dieu est présenté comme Parole, et le Christ est Parole de Dieu se faisant homme. Nous avons l'enseignement et l'enseigneur parfait. Jésus est vraiment nourriture, Parole et Pain de vie. Il faut d'abord se nourrir de l'enseignement pour faire un avec l'enseigneur. Et si l'enseigneur peut se faire Pain, la communion est totale et parfaite.
Pendant quelques siècles, l'Eglise catholique a négligé, dans la liturgie, l'enseignement de l'enseigneur. La liturgie de la Parole était considérée comme secondaire, et même accessoire, la messe ne commençant vraiment qu'à l'apport des dons.
Avec le Concile, l'Eucharistie a retrouvé sa double dimension de Parole reçue et de Pain consommé. Apprenez et comprenez par la liturgie de la Parole, prenez et mangez ensuite, pour réaliser une authentique communion. Mais nous n'avons pas encore bien saisi ce lien inséparable entre la Parole et le Pain. Il suffit bien concrètement de constater les arrivées tardives trop nombreuses à la messe, après la proclamation de la Parole, qui est Jésus Pain de vie, Parole nourriture.
Et que dire des personnes qui refusent de participer à une liturgie de Parole parce qu'il n'y a pas de communion. Comme si nous n'étions pas invités à nous nourrir du Christ présent dans cette Parole, qui EST cette Parole. Et comment pourrait-on être vraiment nourri du Corps du Christ en ne communiant pas à son enseignement ? Le Christ ne peut pas être divisé.
Les deux parties qui constituent en quelque sorte la messe, c'est-à-dire la liturgie de la Parole et la liturgie eucharistique forment un tout inséparable. La présence du Christ dans la Parole est aussi réelle que dans l'eucharistie. C'est une rencontre : une rencontre plénière avec le Christ dans la Parole et le pain partagés ; rencontre avec nos frères et sœurs dans l'Assemblée. Notre participation implique l'ensemble de ces rencontres.
Quelle valeur aurait notre communion au Corps du Christ si nous n'approfondissons pas notre connaissance de sa personne, de sa vie, par un accueil de sa Parole, si nous ne communions pas à "tout son corps", à l'humanité entière représentée à la célébration par l'Assemblée ?
P. Fabien Deleclos, franciscain, (T)
1925 - 2008
(1) "L'anthropologie du geste" et "La manducation de la Parole", Marcel Jousse, Ed. Gallimard.
12:16 Publié dans temps ordinaire B | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : doute, foi, vérité, verbe, nourriture, communion, prenez, mangez, mémoriser, enseignement



